ICEA

Institut de coopération pour l'éducation des adultes
 

Participation de l’ICÉA au Forum de l’UNESCO sur l’Éducation à la citoyenneté mondiale

Logo UNESCOL’Éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) est un programme d’action de l’UNESCO qui porte sur l’acquisition des connaissances et le développement des compétences de plus en plus en demande, dans un monde globalisé. L’adoption en 2015 des Objectifs du développement durable (ODD) fournit un cadre politique favorable à l’ECM, dans un contexte où l’Organisation des Nations Unies (ONU) mobilise les pays au-delà les frontières, par l’entremise du projet planétaire du développement durable.

L’ECM rappelle que l’éducation joue un rôle essentiel, au-delà la sphère de l’économie où trop souvent les politiques gouvernementales la confinent (ex. : développement de l’employabilité). Comme l’explique l’UNESCO, l’ECM concerne des connaissances et des compétences variées qui développent le sens critique et la réflexivité, qui amènent l’individu à réfléchir au monde qui l’entoure et à y intervenir, de manière autonome.

L’importance de l’ECM fut mise en évidence par Monsieur Fred Van Leeuwe, secrétaire général de l’Internationale de l’éducation. Dans une communication prononcée à l’ouverture du forum, monsieur Van Leeuwe référa au contexte mondial périlleux marqué par le racisme, la xénophobie et le repli sur soi, pour faire valoir la pertinence d’accorder une priorité à l’apprendre à être et l’apprendre à vivre ensemble, deux des quatre piliers de l’éducation proposés en 1996 par la Commission internationale sur l’éducation pour le vingt et unième siècle.

À titre de représentant du Conseil international de l’éducation des adultes (ICAE), Daniel Baril, directeur général de l’ICÉA, participait à une table ronde sur l’apport des partenariats à la réalisation de l’ECM. Cette table ronde réunissait aussi Stephanie Wildholm de l’organisme allemand Engagement Global et de Frank Geary, de l’organisme irlandais IDEA Online. Elle était présidée par Rilli Lappalainen, du réseau Bridge 47.

La contribution de Daniel Baril s’appuyait sur les résultats d’une consultation d’ICAE menée à l’automne 2016, dans six régions du monde. Un volet de cette consultation portait sur l’apport de la société civile. Dans sa présentation, Daniel Baril a partagé des exemples de mécanismes partenariaux évoqués par les participantes et les participants et il a mis en lumière des conditions à réunir et des défis des relations de partenariat.

Types de partenariats

  • Partenariats basés sur l’État
    • Groupe parlementaire de travail sur la thématique de l’éducation
    • Conseil public indépendant visant la participation et la consultation ouvertes des citoyennes et des citoyens
    • Forum réunissant l’État ainsi que les organisations patronales et syndicales
    • Fonds social étatique
    • Forum ministériel régional
  •  Partenariats au niveau des villes
    • Initiatives des villes apprenantes qui fournissent un cadre de partenariat à l’échelle locale
  •  Partenariats privés
    • Relation directe entre les organisations de la société civile et des donnateurs privés, sans médiation de la part de l’État
  • Partenariats au sein de la société civile
    • Réseaux d’organisations provenant de la société civile
  • Partenariats basés sur les institutions d’enseignement
    • Partenariats entre des établissements postsecondaires et secondaires
    • Partenariats entre les institutions d’éducation et les employeurs

Conditions

  • Reconnaissance des organisations de la société civile par l’État
    • Conditions se traduisant par la recherche active par l’État des du point de vue de la société civile et par le soutien financier des organisations de la société civile
  • Différenciation du traitement de la société civile, entre les pays, pouvant s’étendre du partenariat à l’opposition.
  • La confiance, comme base d’un partenariat fondé sur des rapports constructifs, au-delà les rapports contractuels.

L’apprendre à faire, un des piliers de l’éducation, est souvent à l’avant-scène des politiques gouvernementales en éducation des adultes. Pourtant, dans une société caractérisée par une grande diversité idéologique et identitaire, l’apprendre à être et à vivre ensemble sont définitivement des objectifs éducatifs prioritaires.

L’ECM invite à porter une attention à un ensemble de connaissances et de compétences fondamentales pour la cohésion de la société. L’UNESCO évoque un éventail de compétences diversifiées sur les plans cognitif, socioémotif et comportemental.

Dans le débat politique sur l’ECM, il est plus particulièrement question de l’éducation initiale des jeunes en milieu scolaire. Ce volet est d’une grande importance, puisqu’il a pour enjeu la préparation de la jeune génération à faire face aux défis d’une société d’une grande complexité. Or, rarement ce débat s’étend-il à l’éducation des adultes.

La population adulte est interpellée par l’ECM, sous plusieurs angles. La personne adulte est confrontée au quotidien à la nécessité d’acquérir des connaissances et de développer ses compétences dans ses rôles sociaux de consommatrice, d’électrice, de parent et de modèle pour les jeunes. Le débat sur l’ECM et les politiques d’éducation qui la concrétisent doivent inclure l’éducation des adultes. Ces contextes dramatiques qui accentuent l’urgence de l’ECM ne sont pas l’œuvre des enfants, mais des adultes. Il serait trop risqué d’attendre le passage à l’âge adulte d’une nouvelle génération pour espérer solutionner les conflits immédiats qui justifient d’accorder la priorité à l’ECM.